De Femmes en Femmes

Sophie Leleu • Duo Racines • Antoine Morineau

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Origine

Lors de mes premiers concerts, je jouais mes compositions et le public venait souvent me questionner à propos de l’origine des pièces que je présentais en me demandant s’il s’agissait de musique séfarade. À ce moment-là, je n’avais aucune idée de ce qu’était la musique séfarade. J’avais à peine vingt ans et j’avais une affinité particulière, un instinct plutôt pour les modes orientaux et la vocalité mélismatique.
Ma harpe m’emportait très vite vers des rythmes et un imaginaire oriental que je sentais très naturel et organique en moi.
Il y a une dizaine d’années environ, ma mère et moi avons retrouvé une cousine passionnée de généalogie qui nous a appris que nous avions des origines séfarades.
À l’issue de cette rencontre, je suis allée au Centre de Musiques Juives de Paris et j’ai commencé à y entreprendre des recherches. C’est avec stupéfaction que j’ai découvert ces mélodies séfarades qu’il me semblait déjà connaître sans les avoir apprises. Les mots des airs que je portais en moi se sont alors révélés.
Moi, qui composais jusqu’alors à partir d’improvisations, pratiquant un chant en langues, cherchant les mots de ces musiques qui m’habitaient, je trouvais enfin les mots, leur sens dans le Ladino, langage qu’utilisaient les séfarades, un mélange d’ancien espagnol et d’hébreu.
Je décidais alors d’en dédier tout un programme musical comme pour rétablir cette transmission orale que je n’ai jamais reçu de mère en fille qu’au travers cette mémoire que je porte, chant de ma chair, chant de mon âme, du murmure au cri et qui donnait naissance à ce disque : « De Femmes en Femmes ».

Héritage

Lorsqu’en 1492, les rois catholiques expulsent les juifs d’Espagne, c’est une culture riche de deux mille ans d’histoire qui se répand dans tout le bassin méditerranéen. Quelles que furent leurs destinations, les séfarades emportèrent et conservèrent précieusement leur patrimoine culturel ainsi que la langue judéo-espagnole appelée le plus souvent Ladino. Le répertoire traditionnel séfarade est un répertoire de femmes. Ce fût par les femmes, de mères en filles, que ces chants se transmirent par voie orale à travers les siècles. Ces chansons parlent de leur vie, de leur quotidien, explorant les thèmes de l’amour, du divin, de la solitude, exprimant leurs douleurs intimes, leurs élans amoureux, leurs espoirs, célébrant la vie au travers de messages de sagesse transmis aux générations futures. J’ai choisi d’en arranger quelques titres à la harpe en y ajoutant la lecture de poèmes et une de mes compositions : L’Envol d’Arzach.

Le Duo Racines

Avec son instrumentation originale à la harpe celtique, jouée par Sophie Leleu accompagnant son chant puissant et profond et aux percussions digitales venues d’orient (Turquie, Iran, Moyen Orient…) jouées avec finesse et dextérité par Antoine Morineau, le duo Racines est plein de promesses.
À la suite de la découverte de Sophie Leleu sur ses origines séfarades, elle décide d’y consacrer tout un programme qu’elle mêlera à ses propres compositions : un programme sur les femmes. Durant leur exode, les séfarades portant en eux leurs traditions, ont métissé leur musique avec les cultures des différents pays d’accueil qu’ils rencontraient. Sophie Leleu fait appel au talent d’Antoine Morineau pour explorer ensemble les couleurs et dynamiques de ces chansons traditionnelles, alternant écriture, improvisations, transe, lecture de poésies qu’ils colorent à la harpe et rythment tantôt au timbre du zarb, tantôt à celui de la dohola, du daf, du bendir, du req ou encore du udu…
Le duo Racines est invité à se produire alors dans différents festivals et en concerts pour jouer le plus souvent dans des lieux de patrimoine ou de culte, révélant ainsi toute la dimension spirituelle de cette musique.

Critiques

« Instants de grâce avec Sophie Leleu et Antoine Morineau : 
Quoi de mieux que le cadre prestigieux de la synagogue pour accueillir Sophie Leleu, mezzo-soprano et harpiste de renommée internationale et Antoine Morineau, percussionniste.
Le duo Racines a présenté son programme de mélodies séfarades « De Femmes en femmes ». Le public est d’emblée conquis par la complicité et l’intelligence musicale du couple. De sa voix chaude, puissante, mélodieuse et par sa gestuelle gracile, Sophie, qui ne fait qu’une avec sa harpe, et Antoine, emmènent le public, conquis, captivé, sous le charme, qui ferme les yeux et se laisse bercer par quelques morceaux mélancoliques comme « La Serena » mais aussi gais et entraînants, donnant envie de danser comme « Dos amantes tengo la mi mama »… Le couple développe une maitrise et une virtuosité exceptionnelles, le public est en extase, applaudissant à tout rompre et qui n’a qu’un seul mot : « magnifique », n’hésitant pas, lors du final, à chanter en chœur avec Sophie en hébreu. Merci à Sophie et Antoine pour ce fantastique moment. Que d’émotion. Sublime.»

P. de R. / Journal La Provence

« Le premier concert « De femmes en femmes » issu du répertoire traditionnel séfarade illustre à merveille la transmission de chants de mères en filles dans une évocation de leur vie quotidienne. Par sa dextérité à la harpe et sa voix envoûtante, Sophie Leleu a offert au public un véritable moment de béatitude magnifiquement accompagnée par Antoine Morineau. «

Journal Vaucluse matin

« Avec sa prestance, sa gestuelle gracile de harpiste et sa voix tombée du ciel, Sophie LELEU a tous les atouts dans ses manches de grandes prêtresse pour ce qui est de captiver un public… Le duo dégage une telle intelligence musicale, que d’une économie de moyen résulte une richesse d’émotions harmoniques entre les cordes et les peaux. Je crois que la beauté peut se suffire à elle-même. Nul besoin d’être spécialiste en musiques savantes pour apprécier une telle œuvre. Quand les meilleurs donnent leur meilleur et que l’âme prime sur la technique… Il reste la béatitude d’un auditoire conquis… Yerushalayim ! »

Pascal David / Juke Boxe en Avignon – web magazine

« Comment récompenser le talent pur si ce n’est par des louanges si méritées car mérite est là. Sophie Leleu n’a pas qu’une voix, elle a ce supplément d’âme, une voix dictée par les anges certainement, une tessiture extraterrestre et pourtant ses chants viennent de la nuit des temps.
Poétique, espiègle, elle relate les émotions des femmes, depuis toujours. Sophie Leleu est sa harpe qui, j’en suis certaine, a une âme. Elle est un personnage du spectacle, elle est plus qu’un instrument de musique.
Le percussionniste Antoine Morineau, lui, seul élément masculin parmi elles, sait être si attentif, si enveloppant que je pouvais sentir les sons de ses percussions habiller la harpiste, l’épouser comme un voile, un vêtement qui la couvre et la révèle en même temps. Ce qui est donné dans ce spectacle ne peut être repris et le public ne s’y trompe pas, il se nourrit de ce don musical unique.
Transportée je l’ai été dans cette église St Symphorien, bercée par la beauté dans laquelle nous étions baignés, un moment de partage, un égrégore de positif curatif et antidépressif. Remercier est la moindre des choses quand on a la chance de n’avoir juste qu’à être là attentifs au présent. »

Natacha Régnier-Ledieu / Tête d’Aie Art Media – web magazine

Agenda

Prochainement, retrouvez Sophie Leleu sur scène

30/05/2024

Festival Harfentreffen

Concert solo "Le feu & l'eau" (harpe et chant) et stage au Festival Harfentreffen au château de Kirchen-Freusburg en Allemagne

27/04/2024

« De femmes en femmes » / Festival Présence Compositrices

Concert "De femmes en femmes" mélodies séfarades & compositions en duo (harpe, chant et percussions) avec Marti Ilmar Uibo à l'Abbaye de la Celle

13/04/2024

Festival Présence Compositrices

Création d'atelier : " Comment écrire une chanson ? " les 13 et 14 Avril dans le cadre du Festival Présence compositrices à l'Abbaye de la Celle